Nourriture

Steaks de viande cultivée en laboratoire : arriveront-ils dans nos supermarchés ?

Autorisée à Singapour et aux États-Unis, la viande cultivée in vitro se heurte en Europe à des obstacles réglementaires et culturels. État des lieux.

Une technologie qui mûrit

La viande cultivée — obtenue à partir de cellules animales sans abattage — n'est plus de la science-fiction. Des entreprises comme Upside Foods, Good Meat et Mosa Meat produisent des nuggets de poulet, des hamburgers et même des escalopes à partir de biopsies indolores sur des animaux vivants. Le processus : prélèvement de cellules souches, culture dans un bioréacteur avec des nutriments, différenciation en fibres musculaires.

Les défis restants

Malgré des progrès spectaculaires, deux obstacles majeurs demeurent. D'abord le coût : produire 100g de viande cultivée coûte encore entre 15 et 50 euros selon les procédés, contre 1 à 2 euros pour le bœuf conventionnel. La mise à l'échelle industrielle devrait réduire ces coûts, mais les prévisions des entreprises se sont souvent révélées optimistes.

Ensuite le sérum de veau fœtal, encore utilisé par certains acteurs comme milieu de culture malgré les alternatives en développement — une contradiction éthique embarrassante.

L'Europe hésite

L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a reçu les premières demandes d'autorisation mais le processus s'annonce long. En France, l'accueil culturel est particulièrement complexe dans un pays où l'identité gastronomique est constitutive de l'identité nationale.

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