Nourriture

Le mouvement anti-ultra-transformés : changement de fond ou phénomène de mode ?

Les ventes de produits ultra-transformés ont reculé pour la première fois en Europe en 2024. Les consommateurs changent-ils vraiment leurs habitudes ?

La classification NOVA au cœur du débat

La classification NOVA, développée par le chercheur brésilien Carlos Monteiro, divise les aliments en 4 groupes selon leur degré de transformation industrielle. Les produits du groupe 4 — ultra-transformés — incluent sodas, chips, biscuits industriels, plats préparés, charcuteries reformulées. Des études épidémiologiques de grande ampleur les associent à des risques accrus de maladies cardiovasculaires, d'obésité, de dépression et de certains cancers.

Des données de vente qui évoluent

Pour la première fois depuis les années 1970, les ventes de produits ultra-transformés ont reculé de 3,2% en valeur en Europe en 2024, selon Nielsen. La tendance est surtout marquée dans les catégories boissons sucrées (-8%) et snacks sucrés (-5%). Elle est portée par les 25-40 ans, davantage informés et prêts à y consacrer un budget supérieur.

Les limites du mouvement

Cette évolution cache de fortes disparités sociales. Les ménages aux revenus modestes n'ont souvent pas les moyens ni le temps de cuisiner davantage. Les produits ultra-transformés restent les moins chers au kilo et les plus accessibles dans les déserts alimentaires des zones périphériques. Sans politiques publiques — taxation, subventions aux produits frais — le changement restera superficiel.

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